Juliette LAURENT

Comédienne

Juliette LAURENT

Juliette Laurent aime les Nicolas et ils le lui rendent bien.

Ça vous fait une belle jambe? C'est toujours ça de pris comme dirait sa grand-mère Simone de Baccarat, cité du cristal avec la perfection pour idéal. La perfection c'est chiant mais par chance, Juliette n’est pas parfaite. Du coup, elle est contente d’exercer son imperfection partout où elle peut, comme ça elle ne s’ennuie jamais. D’abord à Nancy avec la compagnie de La Chouette, animal de prédilection de la famille des khâgneux dont elle fait partie à l’époque, où elle s’amuse sur les partitions de Marivaux, Büchner et Aristophane. Puis à paris. Elle monte à la capitale pour faire son mémoire de littérature avec un spécialiste de la Sorbonne mais aussi pour le théâtre, évidemment. Elle le découvre contemporain, notamment au Théâtre Sylvia Monfort avec Songs Books de John Cage où le metteur en scène new-yorkais Nicholas Isherwood la fait jouer une pom pom girl qui joue aux échecs en chantant et en parlant japonais, un défi qu’elle adore relever et qui finit en grand écart nippon. Sa collaboration avec Nicolas Patek la mène en Avignon pour interpréter son monologue poétique et décalé Adrienne Lepouce et ce même Nicolas la fait aussi se trimballer sur les ondes de France Inter pour des fictions radios. Bref ils s’entendent bien. Un troisième Nicolas, Nicolas Engel qu’elle a rencontré à Hollywood en 1997 la même année où elle rencontrera un autre Nicolas important, bref ce troisième Nicolas lui offre de très jolis rôles dans plusieurs de ses films dont La Copie de Coralie diffusé sur Arte et primé au Festival de Cannes à la Semaine de la Critique. Elle part en tournée avec la compagnie des Épis Noirs pour défendre Fatrasie, une création rock n’roll qui décroche le Grand Prix du Jury décerné par Nicolas Briançon au Festival d'Anjou. Elle retrouve son Nicolas Engel sur Les Pseudonymes, moyen métrage diffusé sur France 2 qui lui vaut d'être nominée meilleur espoir interprète au Festival Jean Carmet et aussi au théâtre sur Une Partie de cache-cache pièce entièrement chantée pour laquelle elle est nominée meilleure artiste interprète au Festival Les Musicals. Elle retrouve ce Nicolas un peu partout car ils aiment tisser une partition commune et créer et inventer ensemble. Bref ce super partenaire artistique est devenu son super ami. Et vice et versa.  Elle va rencontrer un autre gros groupe d’amis en jouant Suzanne Aubin dans Tailleur pour Dames, un Feydeau revisité par Véronique de Kerpel pour la compagnie Volubilis dont la marque de fabrique est de mélanger culture française et africaine. C’est grâce à cette pièce qu’elle fait la connaissance de Felhyt Kimbirima dont le second prénom serait Nicolas forcément vu le super partenaire de jeu qu’il va devenir. Ils ont en commun un goût du mélange des cultures, une envie de dépasser les cadres et d’amener le théâtre où on ne l’attend peut-être pas. Cette précieuse collaboration pour la Compagnie Entre Noir et Blanc les embarque en Afrique centrale au travers d’une tournée dans les Instituts Français Culturels du Congo, du Cameroun et de Guinée équatoriale avec un diptyque monté sur des textes du sublime auteur congolais Sony Labou Tansi, Amour quand tu nous prends. Ils partagent également ce texte dans des lieux de vie, écoles, refuges pour mineures…Juliette traîne encore un peu au Congo où elle trouve une famille d’artistes géniaux (elle qui avait toujours pensé être un peu africaine voit ses soupçons confirmés). Avec Jehf Biyeri et Selma Mayala, fondateurs du festival international Kimoko, ils travaillent sur La petite Mundélé, pièce qu’elle a écrite pour les enfants du quartier de Mpaka et jouée en plein air dans leur quartier. Toujours en collaboration avec Felhyt Nicolas Kimbirima, elle sait qu’elle retournera écrire ou jouer là-bas. De retour en France, elle joue Alarica dans Le mal Court d’Audiberti mis en scène par Christophe Thiry pour la super compagnie de L’Attrape Théâtre qu’elle est ravie de rejoindre car elle mélange circassiens et artistes en tout genre et ça lui plaît bien. Son stylo la démange et elle écrit Maq, petite forme non identifiée qu’elle joue dans des galeries d’Art, chez des gens et qu’elle peut jouer partout, même dans ton salon.

En parallèle de tout ça, vu qu’elle a gardé de ses premières expériences le goût des grands écarts, elle continue à en faire plein en enchainant tournage de publicités et lecture de Le Clézio au Louvres, happening pour des festivals de cinémas où elle aime jouer l’idiote et cours qu’elle donne à l’université de Strasbourg où elle essaie de ne pas en avoir l’air, festivals pour grand public et petite fantaisie en appartement devant tout petit public notamment pour une performance hors cadre mise en scène par Nicolas Turon…bref, elle aime créer de l’amusement partout.

Cette souplesse éclectique lui sera bien utile pour travailler avec ce dernier Nicolas sur un projet d’ultime grand écart, Le roman de la rue, un pied dans le texte et la fiction, l’autre pied dans la ville et la vie.